8 mars, Journée Internationale des Droits de la Femme ! Presque une journée ordinaire, mais aussi…

… une cause dont les réseaux sociaux se sont fait grandement l’écho depuis quelques mois, après l’affaire Weinstein, la libération de la parole de certaines femmes et l’émergence des hashtags #MeToo #MoiAussi et #BalanceTonPorc. C’est nouveau et la femme – community manager – que je suis observe ceci avec beaucoup d’intérêt. Si les médias sociaux servent la cause de la défense des femmes et permettent enfin, de libérer la parole, alors c’est bien.

Car nous aurons gagné quand il n’y aura plus de 8 mars. Nous aurons collectivement gagné, nous les hommes et les femmes, lorsqu’il ne sera plus nécessaire de parler des droits de la femme.  Ce sera le signe qu’il sera devenu normal de respecter les femmes et leurs droits, comme nous respecterons  les droits des hommes, des enfants… Alors, OUI ! j’ai l’espoir que ce jour est proche. Soyez sans crainte Messieurs, il sera harmonieux, nous n’avons besoin ni de pouvoir, ni d’avoir, seulement d’ETRE… à vos côtés…

Comment défendre les droits de la femme en 2018 sans parler des violences contre elles?

Je me rappelle très bien du grand sourire qu’avait ma mère le jour où elle a appris qu’elle pourrait ouvrir un compte bancaire et avoir un chéquier sans demander l’autorisation à mon père qu’elle adorait et qui le lui rendait bien. J’avais 6 ans et cela a marqué la petite fille que j’étais, autant que l’adolescente a en tête les remous autour du vote de la loi Veil. Plus tard, la jeune femme se rebellera contre le sexisme ordinaire de la profession qu’elle avait choisi : « Tu veux devenir expert-comptable ? tu ne peux être que frustrée ou vieille fille », sic… phrase révélatrice de l’exacerbation de l’égalité hommes-femmes vue par un imbécile, inscrite à l’encre indélébile dans ma mémoire…

Oui, les femmes n’ont le droit de vote dans le canton d’Appenzell, en Suisse que depuis 1991, les Saoudiennes n’ont pu exercer ce droit qu’en 2015 pour la première fois, c’était hier soir…

… et les inégalités hommes femmes restent nombreuses partout dans le monde : port du voile, égalité des salaires, divorce… pour ne citer que quelques unes. Que penser de la critique acerbe que subit Aurore Bergé, députée, sur la robe qu’elle porte lors d’une émission de télé ?

Phénomène nouveau, les médias sociaux sont une formidable caisse de résonance pour amplifier l’audience des revendications  par exemple des Iraniennes qui revendiquent le droit de ne pas porter le voile.

Femme je suis, mon métier est le Community Management et je veux dire aujourd’hui le point de vue de la femme.  Je veux parler de ces combats que nous devons encore mener pour dénoncer les inégalités autant que les violences faites aux femmes et les faire cesser ! J’avais relayé l’année dernière des #Pepites2com , trouvées sur les médias sociaux, de très jolies publications à l’occasion de la journée des droit de la femme 2017, les choses prennent depuis une autre dimension. Si les réseaux sociaux permettent d’avancer dans le sens du respect des droits de la femme (et des hommes) alors c’est un excellent usage de ceux-ci.

Les violences faite aux femmes, trop souvent tues jusqu’alors, sont mises sur la place publique… et c’est nouveau…

Elles touchent toutes les classes sociales, de nombreuses civilisations et la société française ne fait pas exception. 12% des françaises confient avoir subi un viol, c’est ce que révèle un sondage IFOP revélé par France-Info le 23 février dernier. C’est juste ENORME ! Plus d’une française sur 10 a subi cette violence extrême. Quelle ampleur que doit avoir ce chiffre dans certains pays réputés moins respectueux du droit des femmes que le nôtre ?

Dénoncer n’est pas nouveau, cela avait été fait avec le manifeste des 313 femmes dans L’Observateur en 2013. Dire ensemble, collectivement c’était l’idée, car il est très difficile de parler de ces violences. Je suis bien placée pour le savoir, nous avons été nombreuses à rejoindre les 313 premières femmes dans l’Observateur à ce moment là. Les victimes ressentent de la culpabilité, de la honte, pensent qu’elles ne seront jamais entendues. Pourtant, la reconstruction, longue et difficile, est passée pour moi par ce préalable. Aujourd’hui, l’espace pour libérer la parole peut être pris : les réseaux sociaux en font l’écho et pas que le 8 mars, pas seulement le 8 mars.

8 mars 2018 : Journée des droits de la femme et réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle primordial dans la défense des droits de la femme et la libération de la parole :

Ils font une formidable caisse de résonance pour dénoncer les violences et répondre aux dérapages. Les révélations deviennent mondiales et l’émergence de hashtags tels que #MeToo #MoiAussi ou #BalanceTonPorc en sont le relais, en même temps qu’ils donnent une idée de l’ampleur du phénomène.

Des femmes utilisent leur célébrité et leur notoriété, autant que leur délicatesse pour faire passer des messages puissants : Oprah Winfrey, lors de la cérémonie des Golden Globes 2018

Elles se permettent de répondre, et avec quelle intelligence, à l’inacceptable. J’en veux pour exemple, le tweet cinglant d’Aurore Bergé :

Les femmes victimes montent au créneau devant les institutions et décrivent le calvaire subi : Evan Rachel Wood devant le congrès américain, il y a quelques jours :

De nombreux hommes se lèvent aussi pour défendre la cause des femmes. Ceux-là sont souvent étonnés – à juste titre – du comportement des bourreaux. Leur soutien est primordial : il est extrêmement difficile pour la victime de dire ce qui s’est passé. Dire c’est accepter d’être blessée au plus profond de soi, d’être mise à mal une deuxième fois. Alors, l’écho trouvé auprès des hommes est un soutien plus que précieux. Merci à vous Messieurs !

L’écran de l’ordinateur et le relatif anonymat des réseaux sociaux, en même temps que le phénomène collectif et général du relais sur les médias facilitent la parole, même si la protection ressentie n’est qu’illusion. Illusion  nécessaire, indispensable pour libérer la parole, plus facilement que par d’autres moyens. Comment en effet, se mettre à nue pour dire qu’on a été malmenée, violée, alors que l’intimité, le plus profond de nous-même a subi la violence extrême ? Se taire alors, est une façon de surmonter, de survivre à l’indicible…

L’art, relayé par les médias sociaux, quoi de mieux pour défendre les droits de la femme ?

Mettre l’art au service de la cause des femmes : le parti pris de Sujatro Ghosh.

Ce photographe Indien se définit lui-même comme un artiste activiste et féministe. Pour lui, l’art est l’outil le plus puissant pour capturer l’essence de l’esprit humain et dénoncer.  Il réalise entre autres, « the cow mask project », une série de photos décapantes dénonçant la condition des femmes en Inde. Ces masques de vaches révèlent que les femmes ne sont pas mieux considérées que les vaches là-bas.

Il fait des photos saisissantes de femmes masquées à tête de vache aux Etats-Unis. Relayer son travail est une façon de donner de l’écho à ce qu’il fait et aussi de faire avancer les droits de la femme. Allez voir son compte Instagram

Le merveilleux hommage de Grand Corps Malade à la femme qu’il aime :

Les mots ciselés de Christine Taubira dans son dictionnaire critique du sexisme :

Invitée de France-Culture, cette femme brillante, dressait en 2016, un inventaire de préjugés à l’égard des femmes. Ciselé, incisif, plein d’esprit et un brin provcateur, celui-ci donne à réfléchir…

Alors OUI, j’ai ce formidable espoir que le 8 mars devienne une journée ordinaire, même si nous avons encore du chemin à faire !

Tous les espoirs sont permis. Il existe des endroits de la planète où les femmes ont leur mot à dire. Savez-vous que certaines ethnies amérindiennes donnent la prééminence à la femme dans le choix du partenaire sexuel ? Les hommes sont obligés de répondre aux avances de ces femmes, qu’elles soient jeunes et belles ou… vieilles et édentées… Le rapport de force est inversé et ce n’est certainement pas mieux, mais cela me donne de l’espoir que nous arriverons à trouver un chemin du milieu, un équilibre et un respect mutuel. Je sais que mes enfants donneront la force à mes petits-enfants de construire cette société nouvelle où les personnes seront toutes respectées pour ce qu’elles sont et où les différences deviendront des atouts pour grandir ensemble.

Ce jour là, nous aurons tous gagné collectivement et il ne sera plus jamais besoin de la Journée du 8 mars… ce jour arrive bientôt… puisque nous y contribuons tous ! Soyez sans crainte Messieurs, nous n’avons besoin ni de pouvoir, ni d’avoir, seulement d’ETRE femmes splendides… vos mères, vos alter ego, à vos côtés …